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La part des étrangers

LES JUIFS DANS LA RESISTANCE La part des �trangers et l�exemple de Toulouse

En 1940, les Juifs fran�ais ont vu tout leur environnement, toutes leurs aspirations et certitudes s��crouler. Leurs liens avec d�autres Fran�ais se sont aussi bien souvent effac�s. Les instances l�gales se sont tues � l�annonce des lois anti-juives du 3 octobre 1940. Aux yeux de tous, �crit Lucien Lazare, on pr�senta alors les Juifs comme les responsables de la d�faite de la France. Par ailleurs des milliers de Juifs venant d�Allemagne ou de Pologne et qui avaient trouv� refuge en France, �taient intern�s d�s 1939 dans les camps du Sud de la France.
Les Juifs fan�ais et �trangers entr�rent tr�s t�t en r�sistance. Ils furent les combattants de la France Libre ou de la R�sistance Int�rieure, r�sistants de la MOI, des maquis juifs des Eclaireurs isra�lites ou de l�Organisation juive de combat, etc.
Quelles furent les sp�cificit�s de la r�sistance juive ? La R�sistance nationale, dit l�historien L. Lazare qui fut r�sistant dans le mouvement des EI (Eclaireurs isra�lites) (1), a combattu avec l�appui des Alli�s, le m�me ennemi que la R�sistance juive. Mais cet ennemi, dit-il, � livrait deux guerres : l�une contre les Etats et l�autre contre les Juifs �. Et la guerre contre les Juifs allait plus vite que l�autre ! Adam Rayski, historien et ancien chef de la MOI dans la r�gion parisienne, �crit : � Sur l�horloge de l�histoire, les aiguilles avancent plus vite pour les Juifs que pour les autres peuples. Le temps des autres n�est pas pr�cis�ment le n�tre �. La R�sistance nationale et les Alli�s n�ont peut-�tre pas per�u - ou voulu percevoir - la dimension de la guerre d�extermination que les nazis livraient contre les Juifs.
L�id�e g�n�rale de la R�sistance et des Forces Alli�es �tait que la victoire contre l�Allemagne nazie sauverait en m�me temps les Juifs. On entend souvent dire que les Juifs se seraient laiss� � mener � l�abattoir comme des moutons �, ou bien on entend encore affirmer � l�inverse que les Juifs ont su ma�triser leur destin et prendre les armes. Mais cette opposition entre la passivit� et l�action, fondatrice du discours occidental, est-elle bien op�rante pour parler de la r�alit� de l�existence des Juifs et particuli�rement pendant cette guerre ? Ren�e Poznanski parle des � couples conceptuels infernaux... r�sistance/collaboration et r�sistance/passivit� �.Ces concepts ne rendent pas vraiment compte de ce que fut l�exp�rience complexe de la r�sistance des Juifs si profond�ment ancr�e dans l�urgence du sauvetage et m�me l� o� il y eut comme ce fut tr�s souvent le cas, r�sistance arm�e. Le sauvetage fut une donn�e essentielle, car � la diff�rence de la population non juive o� seuls les r�sistants et r�sistantes �taient pourchass�s, toute la population juive civile � hommes, femmes et enfants � �tait menac�e d�exclusion puis de mort. Ainsi la R�sistance juive fut tout enti�re la volont� de sauver l�existence juive et jusqu�� sa m�moire en Europe. Des Juifs venus d�horizons diff�rents, croyants ou non, communistes, sionistes, populations juives profond�ment int�gr�es � l�Allemagne, � l�Autriche ou � la France, provenant d�Europe centrale et orientale, se trouv�rent en France, au c�ur de la trag�die, devant r�inventer l�histoire juive ou ce fait simple qu�il existe un peuple juif malgr� ou plut�t avec les exils et les bouleversement du monde.
Les Juifs de France �taient apparemment bien int�gr�s � la nation. La R�volution fran�ais avait fait adopter le principe de l�int�gration individuelle, l�existence juive n��tait plus une race � part ou maudite, et le juda�sme �tait devenu une religion comme les autres, pratiqu�e � titre priv� hors de l�espace public. Or les r�fugi�s juifs venant de l�Est de l�Europe (Pologne, Russie,�), m�me ceux qui �tait communistes ou affili�s au Bund (l�Union g�n�rale des travailleurs juifs cr��e en 1897 en Russie, et affili�e � la III�me Internationale), parlaient de � peuple juif �. C�est dans la rencontre avec les immigr�s de l�Est et dans les luttes communes de la R�sistance que la notion de � peuple juif � allait se faire jour. Il n��tait plus v�ritablement question de � religion � comme cela avait �t� institu� depuis la R�volution fran�aise, et il n��tait bien s�r pas question de � race � comme cela �tait promu par Vichy et les nazis. Qu�est-ce que le peuple juif ? Cette dimension �tait-elle pr�sente dans les combats de la R�sistance en France et en Europe ? La place des Juifs dans la R�sistance r�v�le-t-elle quelque chose d�in�dit dans l��criture de l�histoire europ�enne ? Quel m�moire avons-nous de ce combat ? Quel en est aujourd�hui l�h�ritage dans la construction de l�Europe ?

LA POPULATION JUIVE DE FRANCE A LA VEILLE DE LA GUERRE

A la veille de la Seconde Guerre mondiale, �crit Philippe Landau (2), la France m�tropolitaine compte environ 300 000 Juifs, soit 0,7% de la population. Parmi eux 90 000 viennent des anciennes communaut�s alsacienne, lorraine, portugaise et comtadine ; les autres majoritairement viennent de l�Europe centrale et orientale. Il y a en France 190 000 Juifs naturalis�s qui ont fui apr�s avoir connu les pers�cutions antis�mites dans leurs pays d�origine.
Les immigr�s du d�but du si�cle ont fui les pogromes de la Russie tsariste, les violences antis�mites de Roumanie et l�ins�curit� dans les Balkans. Pr�s de 40 000 Juifs avaient choisi la France juste avant la Premi�re Guerre mondiale. C��tait bien la France, patrie des droits de l�homme, qui �tait la terre de leur esp�rance et de leur choix.
Terre d�accueil vers laquelle on aspirait : � Heureux comme Dieu en France !� La R�volution russe va bouleverser � nouveau les communaut�s. Pendant les ann�es 20 pr�s de 20 000 Juifs originaires de Russie, de Pologne et de Turquie trouvent refuge en France. L�av�nement du nazisme et des dictatures en Europe acc�l�re cette immigration. De 1933 � 1939, 35 000 Juifs polonais et russes, 150 00 Juifs tch�ques, hongrois et roumains fuient vers la France. Des Juifs allemands, 5000 � 8000, s�exilent �galement.
Les populations juives en France connaissent de 1930 � 1939 un afflux de 100 000 personnes. Mais c�est peu par rapport aux 700 000 Italiens, aux 500 000 Espagnols, aux 400 000 Polonais, etc. Beaucoup de Juifs immigr�s de Pologne, de Hongrie et de Roumanie vont militer dans des sections communistes. D�autres rejoignent les mouvements sionistes, la LICA (Ligue internationale contre l�antis�mitisme), ou se fondent dans la nation fran�aise.
Ils voient cependant avec inqui�tude les d�crets-lois pris en 1938 � l�encontre des � �trangers ind�sirables � et l��volution de la situation internationale. La plupart d�entre eux, ayant d�j� connu les pers�cutions antis�mites dans les pays de l�Europe centrale et orientale, pressentent la guerre et s'appr�tent au combat avec la France contre le nazisme.
Souvent ils sont plus lucides que les Juifs fran�ais assimil�s dans la nation, depuis les anciennes communaut�s comtadines, portugaises, alsaciennes et lorraines. Ils vont pour beaucoup s�engager dans les bataillons de volontaires �trangers o� le personnel combattant �tait compos� de 30 � 50% de Juifs dans les 21�, 22� et 23� R�giments de Marche. 4000 � 5000 Juifs s�engag�rent dans l�Arm�e polonaise compos�e de 50 000 combattants. L�Arm�e tch�coslovaque compos�e de 8900 hommes comptait environ 15% de Juifs (dont 300 des Brigades internationales). La L�gion �trang�re comptait aussi beaucoup de Juifs : 5000 Juifs allemands et autrichiens. Philippe Landau, dans cette �tude, ne tient compte que des incorporations effectives et non pas des candidatures refus�es (environ 20%). En 1943, au moment de la lib�ration de l�Afrique du Nord beaucoup de Juifs rejoignent les Arm�es alli�es (environ 40 000 Juifs).
En 1940 apr�s la d�faite de l�arm�e fran�aise, les Juifs sont les derniers � �tre lib�r�s, et certains quittent la caserne pour �tre conduits dans les camps de Vichy. D�j� en septembre 1939, pendant les premiers jours de l��tat d�urgence la police arr�ta 15 000 ressortissants � ennemis � (des Allemands et Autrichiens - juifs ou non - r�fugi�s en France). Ils furent intern�s � Gurs, Vernet et Saint-Cyprien. Pr�s de la moiti� de ces intern�s furent lib�r�s dans les trois mois suivants � la faveur d�une d�sorganisation administrative. Pour les autres le pi�ge se refermait, et les arrestations reprirent en mai 1940 par familles enti�res. Sur les 40 000 civils intern�s en France en 1940 il y avait 70% de Juifs. La l�gislation de 1938 permettant aux autorit�s d�interner les �trangers avait frapp� majoritairement la communaut� juive qui ne repr�sentait que 6% du total des �trangers en France. De ces camps d�o� partiront d�s l��t� 42 les d�portations vers les camps de la mort en Pologne.
Les Juifs de France, fran�ais ou �trangers, n�ont pas attendu les premi�res mesures discriminatoires ni les pers�cutions pour s�engager dans la r�sistance. De fa�on diversifi�e et tr�s t�t ils se trouvent dans les premiers mouvements de r�sistance. Beaucoup rejoignent le G�n�ral de Gaulle � Londres, d�s l�appel du 18 juin 1940. Parmi eux, Ren� Cassin, Raymond Aron, Jacques Bingen, Pierre Dac, le G�n�ral Boris, Maurice Schumann, Jean-Pierre Bloch, Pierre Mend�s-France, l��crivain Albert Cohen, etc. Les EI (Eclaireurs isra�lites) choisissent d�abord la r�sistance spirituelle et le sauvetage. Le Centre Amelot � Paris organise l�entraide. D�autres se lancent tr�s vite dans la r�sistance arm�e : c�est le cas des Juifs communistes d�j� habitu�s � la clandestinit� au sein des groupes MOI (Main d�oeuvre immigr�e) ou de l�� Arm�e juive � (AJ) qui na�t � Toulouse en octobre 1940. Toulouse restera ainsi une t�te de pont de la r�sistance juive pendant toute la guerre. Des Juifs �galement se trouvent parmi les fondateurs du � R�seau du Mus�e de l�Homme � ou encore du Mouvement � Lib�ration �.
Que savaient les Juifs du sort qui les attendaient ? Ils en savaient certainement assez pour que joue � plein l�instinct de survie et que leur engagement soit si rapide et si diversifi�. Ce sentiment imp�rieux de la survie explique l�importance des mouvements d�aide et de solidarit� conjuguant des moyens l�gaux et ill�gaux afin de prot�ger toute une population civile.

LE SAUVETAGE

Les secours aux r�fugi�s et aux intern�s
La population des Juifs r�fugi�s dans le Midi est tr�s importante. Ils sont d�munis, expos�s et souvent tr�s pauvres. A Toulouse va se cr�er un premier centre d�assistance, le � Comit� de bienfaisance isra�lite �, dans l�immeuble de la rue Cafarelli o� sera install�e plus tard l�UGIF, ghetto administratif impos� par Vichy en 1941, o� toutes les associations juives devaient �tre regroup�es. Deux rabbins, Ren� Samuel Kapel et Henri Schilli (n� en Allemagne) (3) prennent l�initiative des premi�res activit�s de secours en faveur des intern�s des camps du Sud de la France. Cette action aboutira � la cr�ation du � Comit� de N�mes � et va permettre de maintenir en vie jusqu�� l��t� 1942 plusieurs milliers de personnes. L�UGIF devient d�s sa cr�ation le si�ge de la commission des camps et des distributions de secours.
Les Juifs communistes cr�ent un mouvement � Solidarit� � pour secourir les intern�s des camps. Le Comit� des femmes distribue ou envoie des colis aux intern�s du camp du Vernet, tr�s souvent anciens des Brigades internationales. La MOI apporte �galement une aide aux prisonniers politiques.
L�OSE (Oeuvre de Secours aux Enfants cr��e en 1912 � Saint-P�tersbourg) (4) assure l�aide m�dico-sociale et le secours aux enfants. Elle est pr�sente � Toulouse et dans les camps d�internement. Elle organise son aide dans plusieurs d�partements autour de Toulouse, et � partir de 1941, elle cr�e des centres annexes (Pau, Montauban). Les responsables de l�OSE, le Dr Hofstein et Eva Cohen, sont arr�t�s en 1943 et 1944. Le secours, m�me s�il emprunte des voies l�gales, est une action subversive aux yeux de Vichy et de l�occupant. Ainsi d�s le d�but de la guerre, le secours et le sauvetage font partie int�gralement de la r�sistance des Juifs. L�OSE ouvre �galement plusieurs maisons d'enfants, et l�ORT (Organisation, reconstruction, travail : institution d�apprentissage cr��e en 1880 � Saint-P�tersbourg) (5) g�re une ferme �cole � Penne d�Agenais. Ces homes d�enfants sont une protection pour ceux qui ont �t� lib�r�s des camps mais aussi la possibilit� de revenir au juda�sme ou de le d�couvrir.

Le secours moral et spirituel
La synagogue de Toulouse, 2 rue Palaprat, va rester ouverte pendant presque tout le temps de la guerre, t�moignant d�une v�ritable vocation de r�sistance spirituelle. Le rabbin Mo�se Cassorla assist� de David Nahon, assure l�exercice du culte. Lorsqu�il doit se cacher en 1943, il est remplac� par Nathan Hosanski (n� en 1914 en Russie). Avec l�afflux des r�fugi�s dans le Midi, d�autres communaut�s se constituent. M. Kahlenberg est rabbin � Montauban, Dan Aron est aum�nier � Salies-du-Salat. Diverses communaut�s juives en Haute-Garonne, Tarn-et-Garonne et Tarn vont ainsi �tre reli�es au consistoire de Toulouse.
Le 25 ao�t 1943 les miliciens investissent la synagogue et menacent les fid�les d�ex�cution. Le si�ge de la synagogue finira sur intervention du pr�fet r�gional et de l�intendant de police. L�Aum�nerie g�n�rale des camps dirig�e par le grand rabbin Hirschler est �tablie, un temps, � Toulouse, et 17 aum�niers (dont 4 viennent d�Europe orientale et des Pays baltes) veillent � la tenue des c�r�monies religieuses, � la pratique si difficile en ces temps de guerre et de pers�cutions des lois alimentaires et � l��ducation religieuse des enfants. Certains rabbins b�n�ficiant de leur immunit� provisoire s�emploient � sauver des Juifs menac�s de rafles et de d�portations. Le rabbin Simon Fuks d�Agen obtient ces renseignements de la pr�fecture. D�autres seront d�port�s comme le rabbin Hosanski arr�t� par la milice en janvier 1944.
De nombreux cercles d��tudes et de r�flexion voient le jour, o� se ressource la r�sistance spirituelle et la force d�inspiration de ce qui fut et qui est � travers les temps le peuple juif.

LES MOUVEMENTS DE JEUNESSE

Parmi les mouvements de jeunesse juifs, � c�t� du � Yechouroun � (religieux orthodoxe) et du MJS (Mouvement de la jeunesse sioniste), ce sont les EI (Eclaireurs isra�lites) qui vont exercer la plus large influence. Depuis l�action l�gale jusqu�au combat dans les maquis, ils rayonnent � partir de ces deux centres proches de Toulouse, Moissac (Tarn-et-Garonne) et Lautrec (Tarn).

Les Eclaireurs isra�lites
D�s 1940, les EI dirig�s par Castor (Robert Gamzon) accueillent dans des troupes de style classique des jeunes qui ont encore leur famille et d�autres jeunes sans parents, dans divers foyers : fermes-�coles, exploitations agricoles, etc. Le financement est assur� par le � Joint �, une grande organisation philanthropique juive am�ricaine, qui s�occupe �galement de l�aide aux intern�s. Ces jeunes sont bien accueillis par les populations rurales qui ne les d�noncent pas et qui en g�n�ral ne manifestent pas d�antis�mitisme � leur �gard.
Lors de la cr�ation de l�UGIF en 1941, les EI se fondent dans la � Quatri�me direction de l�UGIF � charg�e de la jeunesse. Le si�ge officiel se trouve � Moissac. C�est au sein de la Sixi�me section qu�est cr�� en ao�t 1942 le � Service social des jeunes � dirig� par Marc Haguenau.
Le mouvement des Eclaireurs isra�lites a �t� avant, pendant et apr�s la guerre, une matrice pour la renaissance de l�existence juive. Avant la guerre ils ont accueilli les jeunes juifs fuyant l�Allemagne et leur ont enseign� la francophonie. Ils avaient d�j� r�appris le juda�sme � des jeunes juifs fran�ais d�juda�s�s. Mission qu�ils poursuivront aupr�s des jeunes juifs d�Europe centrale r�fugi�s en France. Pendant la guerre ils furent des cadres de la R�sistance. C�est parmi eux qu�un illustre penseur d�origine russe, Jacob Gordin, a forg� pour la g�n�ration de la guerre et celles qui ont suivi, un renouveau de l�existence juive autour de la lecture et de l��criture, telle qu�elle s��tait d�finie elle-m�me au cours de deux mill�naires d�existence du peuple juif depuis la destruction du Temple de J�rusalem par les Romains. Jacob Gordin na�t le 22 octobre 1896 � Dvinsk, en Lettonie, dans une famille juive russe ais�e. En 1899 la famille s�installe � Saint-P�tersbourg o� Jacob fait des �tudes brillantes, apprend l�h�breu et devient bachelier � l��ge de 15 ans. Il �tudie la philosophie � l�universit� de Saint-P�tersbourg, s�int�resse au n�o-kantisme. Proche de la r�volution � ses d�buts, il d�couvre des communaut�s juives hassidiques dans ses voyages en Ukraine et abandonne la voie r�volutionnaire lorsqu�il d�couvre la cabale h�bra�que. En 1923 il arrive � quitter l�URSS et vient � Berlin o� il est admis dans l'illustre Acad�mie pour la science du juda�sme. Il publie sa th�se et �crit pour l�Encyclop�die allemande du juda�sme. En 1933 il quitte l�Allemagne et vient � Paris. Il enseigne � l��cole rabbinique et exerce la fonction de biblioth�caire � l�Alliance isra�lite universelle jusqu�en 1940. En 1937 et malgr� de nombreuses recommandations (Cassirer, Scholem,...) la jeune universit� h�bra�que de J�rusalem n�avait pas eu les moyens de lui offrir un poste. Il part en Corr�ze avec sa femme o� il est responsable d�une colonie des Eclaireurs isra�lites. Il y donne des cours. En 1944, apr�s des menaces de rafles il se r�fugie avec sa femme en Haute-Loire aupr�s d�un groupe de chefs des EI autour de Georges L�vitte. C�est ce qu�on a appel� � l��cole des proph�tes � qui est au fondement du renouveau de la pens�e juive en France dans une alliance entre les �tudes mystique, rationaliste et juridique.
A la Lib�ration, il reprend un travail de biblioth�caire et participe � la cr�ation du CDJC (Centre de documentation juive contemporaine), donne un enseignement aupr�s des EI au Chambon-sur-Lignon et pr�s de Moissac. Il fonde alors l�Ecole d�Orsay, et meurt tr�s t�t en 1947 (6).

Le Mouvement de la jeunesse sioniste (MJS)
Regroupant plusieurs mouvements qui voulaient pr�parer les jeunes � partir dans les kibboutzim de Palestine, le MJS est cr�� en mai 1942, au congr�s de Montpellier, � l�initiative de Simon L�vitte (n� en 1912 en Russie) des EI. Cette cr�ation advient au moment o� commencent les d�portations, le MJS entre alors tr�s vite dans la clandestinit� et va se consacrer au sauvetage.

LE TEMPS DES DEPORTATIONS

Les nazis avaient d�cr�t� l�extermination du peuple juif lors de la conf�rence de Wansee au d�but de l�ann�e 1942. Les trains de d�portation sillonn�rent alors toutes les voies de l�Europe occup�e vers les camps de la mort en Pologne. Serge Klarsfeld fait �tat de 66 nationalit�s touch�es par la d�portation (certaines nationalit�s n�ayant pu �tre d�termin�es). Ces statistiques qu�il pr�sente dans son �uvre (7) sont issues des listes que M. Georges Etlin, intern� au camp de Drancy, devait faire pour les Allemands. Parmi les 75 000 Juifs d�port�s de France, les nationalit�s les plus touch�es par la d�portation furent les Polonais (environ 25 000), les Fran�ais (environ 24 700 dont au moins 8000 sont les enfants n�s en France de parents �trangers ou apatrides et dont 8000 environ �taient naturalis�s), les Allemands (environ 7000), les Russes (environ 4000), les Roumains (environ 3000), les Autrichiens (environ 3000), les Grecs (environ 1500), les Turcs (environ 1300), les Hongrois (environ 1200).

L�ENTREE DANS LA CLANDESTINITE

L�information
La MOI (Main-d'oeuvre immigr�e cr��e d�s les ann�es 30 par le PCF pour organiser les militants d�origine �trang�re), s�efforce de faire conna�tre d�s 1941, les massacres de Juifs � l�est de l�Europe. En 1942 ils sont d�j� au courant de l�utilisation des gaz asphyxiants.
Emeric Epstein (n� en 1914 en Transylvanie), r�sistant de la premi�re heure, avec le groupe des Hongrois des Toulouse, organise la propagande anti-nazie. A Toulouse, le docteur Barsony (n� en Hongrie), ancien des Brigades internationales, cr�e une section du MNCR (Mouvement national contre le racisme) o� participent des intellectuels juifs et non-juifs.

Le sauvetage des enfants
Les responsables des organisations juives non communistes tentent d�abord d�emp�cher les d�portations par des voies l�gales. Puis une d�cision unanime s�impose, celle de sauver les enfants quels que soient les moyens. L�action de sauvetage entre alors dans la clandestinit�. Plusieurs fili�res importantes sont � mentionner : le � R�seau Garel � de l�OSE et la � Sixi�me � (Sixi�me section de la Quatri�me direction de l�UGIF) des EI. Il y eut �galement le groupe des � Hollandais � qui s�occup�rent du sauvetage des enfants en Hollande et poursuivirent la lutte en France. Ils furent d�port�s de Drancy dans le denier wagon de d�portation. Moussa Abadi (n� dans le ghetto de Damas en Syrie) et Odette Abadi cr�ent � Nice le � R�seau Marcel � en relation avec l��v�que de Nice Mgr R�mond. Joseph Bass (n� en Bi�lorussie), apr�s son �vasion du camp du Vernet d�Ari�ge, cr�e le � R�seau Andr� � en relation avec le pasteur Trocm� du Chambon-sur-Lignon. L�on Poliakov, le grand historien (n� en 1910 � Saint-P�tersbourg) appartint au R�seau Andr�.
Apr�s leur dispersion, les EI de Moissac qui �chappent tous � la rafle d�ao�t 1942, se regroupent dans plusieurs endroits, � La Malqui�re dans le Sidobre, noyau du futur maquis des EI, � Castres avec Gilbert Bloch ou � Montauban avec Leo Cohn (n� en 1913 en Allemagne) o� ils forment des groupes d��tude.
La � Sixi�me � va se consacrer principalement � la fabrication de faux papiers de tr�s bonne qualit� gr�ce � l�aide de la Mairie et de la Pr�fecture de Moissac. L�OSE et les mouvements sionistes travaillent avec la Sixi�me. Les EI gardent encore une vitrine l�gale dans l�UGIF jusqu�� l�arrestation de Marc Haguenau � Lyon en f�vrier 1944.
Beaucoup de sauveteurs du r�seau Garel du nom de son fondateur Georges Garel (n� en 1909 en Lituanie) et de la Sixi�me dont le responsable �tait Lucien Fayman, seront d�port�s ou fusill�s. Mais le sauvetage des enfants, objectif essentiel de la lutte, fut tr�s important : environ 9000 enfants juifs sont sauv�s en France (dont 1500 gr�ce au R�seau Garel).

L��vasion par l�Espagne
A partir de l�invasion de la zone sud les fronti�res sont verrouill�es, mais de bons passeurs (exigeant souvent au minimum 5000 francs par fugitif) font passer des Juifs par del� les Pyr�n�es. Certains rejoignent la Palestine o� ils peuvent s�engager dans la � Brigade juive � de l�Arm�e britannique, et d�autres la France libre. Les r�seaux d��vasion les mieux structur�s sont cr��s par les mouvements sionistes. Le SER (Service d��vacuation et de regroupement) est cr�� par Jacques Roitman (n� en 1922 en Pologne) � Toulouse, pour recruter des combattants pour la Palestine. Ils sont entra�n�s dans un camp du Tarn par Jacques Lazarus (n� en 1916 en Suisse). Le SERE (Service d��vacuation et de regroupement des enfants) et la Sixi�me organisent �galement ces �vasions. L�historienne Emilienne Eychenne estime que 500 personnes furent arr�t�es et plus d�une trentaine de fugitifs refoul�s d�Espagne sur environ 900 fugitifs juifs.

LA LUTTE ARMEE

L�Arm�e juive et les Eclaireurs isra�lites
En ao�t 1940, � Toulouse, David Knout, po�te d�origine russe, cr�e une organisation appel�e � Forteresse juive � puis � Main Forte �. Poursuivi, il doit se r�fugier en Suisse. Il �tait alors l��poux d�Ariane Skriabine (n�e en 1906 en Italie), la fille du grand compositeur Alexandre Skriabine, �galement ni�ce du ministre sovi�tique Molotov. Elle venait de se convertir au juda�sme, disant � Je veux �tre du c�t� des victimes �. Elle devint une des responsables du service de recrutement et de noyautage des effectifs. Elle accomplit de nombreuses missions dont des transports d'armes. En avril 1944, elle est agent de liaison entre la direction de l'OJC de Toulouse et les maquis du Tarn. Elle fait des s�jours dans ces maquis et s'y entra�ne au maniement des armes ainsi que la d�crit Jacques Lazarus dans un article paru en 1945 dans le journal Renaissance, journal de la R�sistance juive publi� � Toulouse d�s la Lib�ration. Apr�s le d�barquement, elle est charg�e de mettre en place une nouvelle fili�re de passage par l'Espagne pour rejoindre les Arm�es alli�es. Le 22 juillet 1944, elle tombe dans un guet-apens ourdi par la milice, au 11 rue de la Pomme � Toulouse. Elle est assassin�e sur place. Thomas Bauer (n� en 1919 en Hongrie) est mortellement bless�, et les autres combattants parviennent � s'enfuir. Un mois plus tard Toulouse est lib�r�e.
La m�moire d'Ariane-Sarah Fixman-Knout, n�e Skriabine, et de Thomas Bauer est maintenant �voqu�e chaque ann�e � Toulouse dans la suite des manifestations officielles en comm�moration de la grande rafle du 16 juillet 1942 (8).
Les premiers membres de l�AJ furent recrut�s parmi les participants � un cercle d��tudes juives dirig� par le rabbin Paul Roitman (n� en 1920 en Pologne), et comprenant notamment Arnold Mandel, Elie Rothnemer, Claude Strauss (l��crivain Claude Vig�e) et Maurice Hausner (n� en 1921 en Pologne).
L�AJ fut officiellement fond�e � Toulouse en janvier 1942 par un accord conclu entre Abraham Polonski (n� en 1903 en Pologne) et Aron Lublin, un dirigeant sioniste d�mobilis� � Toulouse. Dans cet accord �taient formul�s les objectifs, les modalit�s d�action et la structure de l�organisation. Le recrutement s�effectuait ainsi : � un ami am�ne un ami � afin d��viter les dangers de d�nonciation. Pour plus de s�curit�, les groupes d�action �taient petits et cloisonn�s.
En 1943, l�AJ signa un accord avec le Joint, qui s�engageait � lui fournir des fonds pour financer ses activit�s. Marc Jarblum, pr�sident de l�Organisation sioniste de France (r�fugi� en Suisse) fit transmettre �galement des sommes d�argent � l�AJ pour les besoins du sauvetage et de la lutte arm�e. L�AJ �largit les cercles de ses membres et le cadre de ses activit�s gr�ce � des accords de coop�ration avec le Mouvement de la Jeunesse sioniste et celui des Eclaireurs isra�lites de France. Au comit� directeur qui comprenait Polonski, Lublin, Jules Jefroykin (n� en 1911 en Russie) et Alexandre Kowarski, directeur de l�ORT-France, se joignirent Robert Gamzon et Fr�d�ric Hammel des EIF ainsi que Simon L�vitte du MJS.
L�AJ qui sera appel�e OJC (Organisation Juive de Combat) au printemps 1944 en m�moire des combattants du Ghetto de Varsovie, se constitue dans un but de lutte arm�e, d�actions dans les villes et de sauvetage. Elle va mettre en place un maquis et cr�er des corps francs dans les villes (Paris, Lyon, Grenoble, Marseille, Limoges, Chambon, Nice et Toulouse) pour d�manteler les r�seaux de d�nonciateurs qui travaillaient pour la gestapo. Le premier corps franc fut cr�� � Toulouse, si�ge de la direction de l�AJ. Le chef de cette unit� �tait Albert Cohen (n� en 1916 en Argentine), proche collaborateur de Polonski. Polonski et Istisk Frydman furent arr�t�s par la milice le 6 juin 1944. Polonski put s��chapper, mais Frydman, arr�t� et tortur�, mourut en d�portation. En octobre 1943 l�AJ cr�e un Service d��vacuation et de regroupement (SER) dont le chef fut Jacques Roitman, dans le but de faire passer efficacement des groupes en Espagne. Plus tard Jefroykin fut envoy� � Barcelone pour �tablir des liaisons. Le 17 mai 1944, Jacques Roitman fut arr�t� par la gestapo � la gare Saint-Cyprien pr�s de Toulouse avec d�autres r�sistants dont l�aum�nier Leo Cohn (n� en 1913 en Allemagne), responsable des EIF. Roitman survivra � la d�portation.
L�AJ organise des passages vers l�Espagne pour permettre aux jeunes combattants de rejoindre les Forces alli�es dans la Brigade juive de Palestine. L�AJ, force de r�sistance arm�e, a une vocation sioniste, et le maquis salue � la fois le drapeau fran�ais tricolore et le drapeau bleu-blanc du futur Etat d�Isra�l. Le premier maquis de l�AJ est install� le 15 novembre 1943 � Biques dans la Montagne Noire (d�partement du Tarn), puis il se d�place vers Lacaune, � La Jasse de Martinou en mars 1944, et enfin vers Lespinassi�re, le 25 avril 1944. Evoluant avec une certaine autonomie jusqu�au 6 juin 1944, il int�gre le � Corps Franc de la Montagne Noire � (CFMN) d�s l�annonce du d�barquement. Le commandement du � Peloton isra�lite � du CFMN, fort de 800 maquisards, est confi� au Lieutenant Leblond. Il prend le nom de � Maquis bleu-blanc � ou � Peloton Trumpeldor � (9)
Certaines formations de l�OJC sont encore peu connues des historiens et m�ritent d��tre cit�es. Samuel Rudetzki �tait n� le 5 janvier 1885 � Lodz en Pologne. Venu en France, il participe � la guerre de 14-18 comme engag� volontaire dans le 112� r�giment. Il fit toute la guerre : Reims, Verdun; Chemin des Dames, etc. Au d�but de la seconde Guerre mondiale il s�engage dans la R�sistance, au � Parti de la R�publique et de la France �, � Toulouse, puis dans le � Bataillon Prosper du Gers � (unit� FFI) o� il cr�e, avec son gendre Joseph Georges Cohen (fran�ais de p�re russe,) une formation de l�Organisation juive de combat. A la Lib�ration il est Chef de la police locale � Fleurance (Gers). Il fut �galement membre du Comit� Central de la LICA, chef de plusieurs groupements de R�sistance et financier de ces groupes.
L�Arm�e Juive devenue Organisation Juive de Combat fut homologu�e officiellement dans le cadre des Forces Fran�aises de l�Int�rieur (FFI), sous le num�ro 884, par la 17�me R�gion militaire dont le si�ge �tait � Toulouse. C�est Henri Broder qui se chargea de cette d�marche.
Les EI (Eclaireurs isra�lites), sous couvert de l�galit�, intensifient leurs actions clandestines : faux papiers, fili�res de passage en zone Sud ou vers l�Espagne et la Suisse, planquage des juifs �trangers plus menac�s, utilisation de fermes rurales (Lautrec, etc.) comme refuges. Puis ils choisissent aussi la route du maquis. Les chantiers ruraux �tablis jusqu�alors sont de v�ritables p�pini�res de r�sistance (Lautrec). Ils sont dissous le 22 f�vrier 1943, et les EI d�cident alors de cr�er un maquis dans le Tarn. Par leurs contacts avec les Monts de Lacaune, ils cr�ent leur premier maquis � La Malqui�re en d�cembre 1943, et s�installent ensuite � La Roque (mars 1944) et � Lacado (avril 1944). Ce maquis devient la � Compagnie Marc Haguenau � int�gr�e dans les � Corps Francs de la Lib�ration du Tarn � qui, d�s juin 1944, sont plac�s sous le commandement de Pierre Dunoyer de Segonzac.
Ces deux maquis EI et AJ vont participer courageusement aux combats de la lib�ration nationale. Ils sont int�gr�s � la R�sistance g�n�rale et mettent en valeur leur appartenance juive : couleurs bleu-blanc pour le � maquis Trumpeldor �, chants yiddish pour le � maquis Marc Haguenau �.

Les combattants de l�Arm�e juive , des EI et des mouvements de secours : leurs origines
Le livre Organisation juive de combat. R�sistance / sauvetage. France 1940-1945 (11), cite environ 560 noms et nous permet d�avoir cette id�e de l�importance des �trangers dans la r�sistance juive.
Voici d�apr�s les pays d�origine :
Allemagne : Arm�e juive - OJC (4) ; Sixi�me (14) ; MJS (8) ; Aum�niers des camps (1) ; R�seau Garel (1) ; R�seau Andr� (3) ; Hollandais (7).
Autriche : AJ-OJC (7) ; Sixi�me (1) ; MJS (4) ; Hollandais (3)
France : AJ-OJC (36) ; Sixi�me (104) ; MJS (17) ; Aum�niers (8) ; R�seau Garel (56) ; R�seau Andr� (5) ; R�seau Marcel (2) ; Centre Amelot (3)
Belgique : AJ-OJC (2) ; Sixi�me (1) ; MJS (5)
Pays-Bas : Sixi�me (1) ; MJS (1) ; Hollandais (2)
Suisse : AJ-OJC (3) ; Sixi�me (1) ; R�seau Garel (1) ; R�seau Andr� (1) ; Hollandais (2)
Italie : AJ-OJC (1) ; R�seau Andr� (1)
Argentine : AJ-OJC (1) ; Sixi�me (2)
Turquie : Sixi�me (3)
Iran : Sixi�me (1) Syrie : R�seau Marcel (1)
Alg�rie : Aum�nier (1) Egypte : AJ-OJC (1)
Gr�ce : AJ-OJC (2) ; Sixi�me (3)
Crim�e : MJS (2) Hongrie : AJ-OJC (2) ; Aum�nier (1) ; R�seau Garel (1)
Lituanie : R�seau Garel (1) ; Centre Amelot (3)
Pologne : AJ-OJC (23) ; Sixi�me (15) ; MJS (22) ; Aum�nier (2) ; R�seau Garel (4) ; Centre Amelot (5)
Roumanie : AJ-OJC (3) ; Sixi�me (2) ; R�seau Garel (2)
Tch�coslovaquie : AJ-OJC (1) ; Sixi�me (2) ; R�seau Garel (1)
Russie : AJ-OJC (5) ; Sixi�me (3) ; MJS (3) ; Aum�nier (1) ; R�seau Garel (2) ; R�seau Andr� (1)
Ukraine : Sixi�me (2)
Moldavie : Sixi�me (1)
Bi�lorussie : R�seau Andr� (1)
Nationalit�s non identifi�es : AJ-OJC (36) ; Sixi�me (45) ; MJS (14) ; Aum�nier (2) ; R�seau Garel (13) ; Centre Amelot (1)

Il y a environ 25 % de r�sistants venant de l�Est de l�Europe et particuli�rement de la Pologne et 39% de Fran�ais. Les �trangers de toutes origines sont donc majoritaires.

Une autre source se trouve dans 2 cahiers manuscrits (incomplets) portant cette mention : � Association des Anciens Combattants et r�sistants Juifs de France � Amicale de Toulouse ; R�gion Sud-ouest � (12), et indique 160 noms de combattants et r�sistants avec leurs �tats de service et de r�sistance :
Allemagne : 26 ; Autriche : 6 ; France : 23 ; Suisse : 2 ; Hollande : 1 ; Espagne : 1 ; Salonique : 1 ; Smyrne ; 1 ; Turquie : 2 ; Alg�rie : 5 ; Maroc : 1 ; Argentine : 1 ; Hongrie : 1 ; Pologne : 40 ; Roumanie : 7 ; Transylvanie : 1 ; Tch�coslovaquie : 5 ; Galicie : 1 ; Lituanie : 1 ; Lettonie : 2 ; Russie : 5 ; nationalit�s non identifi�es ou illisibles : 28
Il y a environ 14% de Fran�ais et environ 40% d��trangers venant de l�Est de l�Europe et particuli�rement de la Pologne. Les �trangers de toutes origines sont donc �galement majoritaires.
Le livre sur l�OJC indique les noms de r�sistants pour toute la France, alors que les cahiers manuscrits de Toulouse indiquent les noms des combattants pour la r�gion du Sud-ouest. Il y avait bien �videmment plus d��trangers dans le sud de la France, zone de Vichy, que dans la zone occup�e. Quant aux Juifs fran�ais rest�s en zone nord, ils se sentaient ou se croyaient en s�curit�, prot�g�s par leur nationalit�. Cette simple �tude nous permet de voir que la MOI n�avait pas le privil�ge de regrouper des �trangers, et que le fait qu�il y ait 60% d��trangers dans les mouvements juifs de r�sistance (OJC, EI , secours, etc.) t�moigne d�une probl�matique importante pour comprendre l�existence du peuple juif � travers les bouleversements de l�histoire.

La Brigade Marcel Langer (le courant communiste)
Les combattants FTP-MOI op�rent essentiellement dans les villes, � Lyon, Grenoble, Marseille et Toulouse. Ils sont tr�s jeunes, viennent de couches sociales et de nations diff�rentes, souvent d�Europe centrale et orientale. Parmi eux il y a des hommes et des femmes dotn les parents avaient en g�n�ral �t� d�port�s. Exclus de la communaut� nationale fran�aise, ils m�nent un ardent combat dans les rangs des FTP-MOI. Les Juifs communistes de la MOI vont jouer un r�le tr�s important � Toulouse malgr� leur faible nombre : information sur la Shoah, � Travail Allemand � (TA) confi� � des militants parlant couramment allemand pour des missions dangereuses de renseignement (Gerhard Leo n� en Allemagne). La MOI fournit �galement des combattants pour les FTP du Parti communiste. L�unit� FTP-MOI, 35�me Brigade, se lance dans des actions spectaculaires de gu�rilla urbaine et d�attentats jusqu�� son d�mant�lement et � l�arrestation de ses militants en avril 1944. Ces jeunes militants ne peuvent compter sur la population toulousaine ni sur les autres mouvements de r�sistance, et le Parti communiste qui les finance, se r�v�lera d�faillant � leur �gard, comme l�analyse Claude Levy dans son livre Les parias de la R�sistance.
Beaucoup de jeunes juifs se retrouvent dans les rangs des FTP-MOI � Toulouse ou alors, d�j� engag�s dans les mouvements sionistes ou les EI, ils croisent les rangs de la Brigade. Judith Hytin (fran�aise d�origine bessarabienne), Emile Jacubowicz (d�origine polonaise(, Marc Brafman (d�origine polonaise(, les fr�res L�vy (fran�ais), Emile Wajda (hongrois), Jacques Kramkimel (polonais), Henri Gorans (polonais). On peut citer encore Paulette Urman (origine polonaise), Simondy Axel, Armand Hertz et Ladislas Mandel (hongrois), Michel Grilikhes (polonais), Boris Frenkel (fran�ais). Le premier chef de la Brigade, Mendel Langer (Marcel en France), �tait un juif polonais fils de militants du Bund, le parti socialiste russe. Sa famille avait �migr� en Palestine pour fuir l�antis�mitisme. Militant communiste, il vient en France o� il adh�re � la MOI. Il s�engage dans les Brigades internationales et se marie en Espagne o� il a un enfant. De retour en France, il est intern�, s��vade et devient le chef des FTP-MOI de Toulouse. Ceux qui ont fond� la Brigade s�appellent Mendel Langer, Jacob Insel, Joseph Wachspress, Abraham Mittelman, Zeff Gottesman, Jos� Linares-Diaz, Wladislaw Hamerlak, Stefan Barsony, Luis Fernandez, Schimmel Gold.
Marcel Langer est arr�t� en 1943, il est jug� par le tribunal de Vichy, condamn� � mort et guillotin�. L�avocat g�n�ral, Lespinasse, qui avait requis la peine de mort contre Mendel (Marcel) Langer arr�t� le 5 f�vrier 1943 et guillotin� le 23 juillet 1943, avait d�clar� : � Vous �tres juif, polonais, communiste. Trois motifs pour demander votre t�te �. Les dirigeants qui lui succ�dent sont Jan Gerhard, Jacob Insel et Schimmel Gold. Les militants de la MOI qui choisissent alors de s�appeler � 35�me brigade Marcel Langer �, r�pliquent aussit�t en abattant un officier allemand puis l�avocat g�n�ral Lespinasse en octobre 1943.
Toulouse �tant au centre d�un r�seau de communications et une ville o� des industries importantes doivent travailler pour l�occupant, les militants se lancent dans une s�rie impressionnante de sabotages et d�attentats : destructions de locomotives, ex�cutions de soldats allemands ou de d�nonciateurs, etc. A la suite d�un attentat manqu� contre le cin�ma Les Vari�t�s qui projetait le film de propagande � Le Juif S�ss �, des militants, David Freiman, Enzo Godeas et Rosine Bet sont bless�s. Les responsables de l�organisation de cette action, Jan Gerhard, Judith Heytin et Ladislas Mandel sont somm�s de s�expliquer. D�apr�s Claude L�vy , c�est � partir de ce moment que les membres de la 35�me Brigade auraient �t� abandonn�s. Le groupe est d�mantel� et la plupart d�entre eux sont arr�t�s le 4 avril 1944. Certains seront d�port�s en Allemagne.
Le Parti communiste voulant une homog�n�isation des combattants avait associ� d�s 1941 des Juifs fran�ais aux unit�s juives compos�es majoritairement d��trangers. Et en 1943 il cr�a l�UJRE (l�Union des Juifs pour la r�sistance et l�entraide) qui prendra la suite de � Solidarit� � et puis de la MOI, pour regrouper en une seule organisation Juifs �trangers et Juifs fran�ais.

EN CONCLUSION : DES JUIFS DANS LA RESISTANCE OU RESISTANCE JUIVE ? REFLEXIONS SUR LE PEUPLE JUIF

Annie Kriegel �voque David Knout qui publia en 1947, le premier livre consacr� � la R�sistance juive o� il �tablit une typologie des formes de r�sistance en distinguant la lutte arm�e, l�action sociale, le travail d�assistance, la propagande et la r�sistance morale. Les Alli�s et les mouvements de r�sistance visaient � la victoire militaire contre l�Allemagne nazie, mais les Juifs �taient confront�s � un autre probl�me. Dans la guerre g�n�rale contre les nations du monde, Hitler menait une guerre particuli�re contre les Juifs. Et cette guerre-l� allait plus vite que l�autre. L�engagement des Alli�s et des r�sistants visait � la victoire, l�engagement des Juifs visait n�cessairement � la survie. Ce n��tait pas des r�sistants arm�s qui �taient menac�s de mort, mais toute une population civile. Comment faire survivre et sauver 300 000 personnes ainsi menac�es ? Cela n�cessite une combinaison de recours l�gaux et ill�gaux, et c�est ce qui explique que la R�sistance juive fut anim�e tout au long de la guerre, non pas essentiellement par des organisations cr�es pour le besoins du moment comme dans la r�sistance g�n�rale, mais par des organisations traditionnelles, consistoriales, scoutes, bundistes, communistes, philanthropiques existant de longue date.
Ren�e Poznanski nous invite � cette r�flexion : � Entendue comme la r�sistance des Juifs de France, elle (la r�sistance juive) est inscrite dans le pluralisme qui caract�rise l�identit� juive tout au long de l�histoire comme � l��poque moderne et de ce fait, ne craint ni les contradictions internes, ni la confrontation avec la r�sistance g�n�rale, une confrontation qui peut nous en apprendre autant sur le juda�sme de France et sa condition � cette �poque que sur la soci�t� fran�aise dans son ensemble � (13). Le processus d�unification qui aboutit en juin 1943 � la constitution du � Comit� de D�fense � puis au d�but de l�ann�e 1944, � la fondation du CRIF (Conseil repr�sentatif des institutions juives de France) ne s�oppose pas � l�exp�rience d�une diversit� qui se constitue ou se renouvelle dans des situations in�dites. L�exp�rience juive est ainsi marqu�e du sceau de l�unit� et de la diversit� � travers les si�cles.
L�histoire des communaut�s juives de Toulouse en est un exemple. Depuis la destruction du Temple de J�rusalem, ce sont des communaut�s d�origines diff�rentes qui vont se succ�der dans cette r�gion. Il y eut les Jud�ens du premier si�cle de notre �re, les marranes d�Espagne et du Portugal aux XVI� et XVII� si�cles, les Juifs du Comtat Venaissin � l��poque de la R�volution, des Juifs d�Alsace-Lorraine lors de la Guerre de 1870, des Juifs de Russie et de Roumanie � la fin du XIX� si�cle, des Juifs de Turquie au d�but du XX� si�cle, des Juifs d�Europe centrale et orientale fuyant l�antis�mitisme et la pers�cution nazie � la veille de la Seconde Guerre mondiale et enfin des Juifs d�Afrique du Nord depuis les ann�es 1960.
La diaspora juive a instaur� pour la modernit� l�histoire d�un peuple en exil qui choisit autour du livre une modalit� singuli�re et universelle d�exister. Le livre n�est pas un objet de comm�moration pieuse, il ne se referme pas sur l�identit� muette de soi-m�me ou sur le retour � un pass� mythologique. Il ouvre l�avenir et nous interroge dans l�alt�rit�. Il n�y a pas de d�p�t sacr� des origines. Insistance sur la lettre, qui n�est pas l�enveloppe charnelle du sens, pour en faire r�sonner de nouvelles lectures dans la multiplicit� des commentaires. Ainsi l�exil d�borde la nostalgie du retour chez soi. Il s�inverse comme abolition des mythes, se pr�sente comme f�condation de l�avenir. Les Juifs ont d�velopp� au cours de leur exil une socialit� textuelle dans l��criture de nouveaux textes (Talmud, Cabale, etc.). Inspir�s par la culture des pays d�accueil, ils ont en m�me temps pr�serv� une identit� non pas ferm�e sur elle-m�me mais ouverte � la cr�ativit�. Fa�on in�dite et f�conde d��tre � un peuple en diaspora �.
Lorsque les Juifs r�fugi�s des pays d�Europe orientale vinrent en France, ils apport�rent cette exp�rience d��tre un peuple que la R�volution fran�aise avait voulu effacer. En effet, le principe de l�int�gration des Juifs en France avait �t� donn� par le d�put� Clermont-Tonnerre en d�cembre1789, � l�Assembl�e nationale constituante : � il faut tout refuser aux juifs comme nation et accorder tout aux juifs comme individus ��. Les Juifs d�Europe orientale, r�fugi�s et combattants en France, dont le fort pourcentage se marque dans l�OJC tout autant que dans la MOI, apportent ce surcro�t d�exp�rience dans les luttes contre la barbarie nazie.
La tourmente de la Seconde Guerre mondiale a nourri l�exp�rience d��tre un peuple selon deux dimensions aujourd�hui toujours vivantes. Il y eut, pour les Juifs de l�OJC particuli�rement, le combat pour la cr�ation de l�Etat d�Isra�l mais aussi et surtout, ce qui fonde l�existence juive, le d�veloppement et le renouveau des �tudes et de la pens�e.
La cl� de l�existence du peuple juif ne serait-elle pas � l��cole des proph�tes � ouverte dans la suite de l�enseignement de Jacob Gordin ? La pr�sence juive dans l�histoire occidentale a toujours �t� un �l�ment obscur qui venait contrecarrer les logiques de l�universel. Les Juifs n�ont pas �t� r�sorb�s dans le mouvement de l�histoire. En effet, les Juifs conjuguent ce que l�Occident avait s�par�. Le dualisme m�taphysique s�pare le corps et l�esprit, la lettre et la signification intelligible. A l�int�rieur du dualisme, on ne peut concevoir le passage d�un texte � un autre texte. Une �criture est soit soumise � une ex�g�se qui remplace sa litt�ralit� par un contenu intelligible, soit catalogu�e comme litt�raire et po�tique et alors rejet�e hors du sens. Ce passage est pourtant l�exp�rience litt�raire proprement juive. Exp�rience litt�raire qui fait de la lettre une semence d�avenir et ouvre l�espace d�un surplus de sens o� un peuple forge son avenir dans la rencontre d�autrui. Comme l��crivait Emmanuel L�vinas, la rencontre de l�autre, le � r�veur d�avenir �, c�est chaque fois la naissance d�un monde nouveau.
La cl� de l�existence du peuple juif ne serait-elle pas � l��cole des proph�tes � ouverte dans la suite de l�enseignement de Jacob Gordin ? L�existence juive s�est poursuivie dans le monde malgr� les tentatives d'an�antissement moral ou physique, malgr� les exils. Particularisme qui ne se r�duit pas � l�opacit� d�une identit� ferm�e sur elle-m�me puisque les Juifs viennent d�horizons du monde diff�rents. Exp�riences multiples dans les �changes et confrontations avec les peuples du monde, mais qui ne se laissent pas absorber dans le brassage des civilisations. La multiplicit� de l�engagement des Juifs dans la R�sistance n�est-elle pas r�v�latrice de la diversit� et de l�unit� du peuple juif � travers l�histoire ?

Monique Lise Cohen

NOTES :
1. Lucien Lazare La R�sistance juive en France.
Paris, Stock, 1987

2. Philippe Landau, � France, nous voil� ! Les engag�s volontaires juifs d�origine �trang�re pendant la dr�le de guerre �, in Les Juifs de France dans la Seconde Guerre mondiale. Revue Pard�s, n�16. Editions du Cerf, 1992.

3. Nous indiquons la nationalit� d�origine des combattants lorsqu�ils ne sont pas n�s en France. Il faut remarquer �galement que beaucoup de r�sistants juifs n�s en France venaient de familles originaires d�Europe centrale et orientale. La consonance de leurs noms le laisse entendre.

4. L�OSE (�uvre de secours aux enfants) cr��e en 1912 � Saint-P�tersbourg, se consacre aujourd�hui encore � un travail m�dico-social principalement en direction des populations juives d�favoris�es. Pendant la Seconde Guerre mondiale elle a �uvr� avec les mouvements de r�sistance et a �t� un des principaux acteurs du sauvetage des enfants juifs en France. Aujourd�hui elle accomplit une mission de service public en direction de la communaut� juive et d�autres familles religieuses ou spirituelles. Depuis 1951 elle est reconnue comme Association d�utilit� publique, selon ses trois vocations : accueil m�dical, monde de l�enfance et m�moire.

5. L�ORT (Organisation reconstruction et travail) a �t� cr��e en 1880 � Saint-P�tersbourg par un groupe d�intellectuels et d�industriels juifs pour venir en aide � leur communaut�. Les Juifs en effet �taient interdits de r�sidence dans une grande partie de la Russie et vivaient dans un grand d�nuement. Apr�s la premi�re Guerre mondiale l�ORT devient une organisation internationale. Elle fut interdite en URSS en 1938. Aujourd�hui il y a de nombreuses �coles professionnelles de l�ORT dans le monde et en France, dont une � Colomiers, pr�s de Toulouse.

6. Jacob Gordin, Ecrits. Le renouveau de la pens�e juive en France. Pref. L�on Ask�nazi, Ed. Marcel Goldmann. Editions Albin Michel, 1995 - A propos de l�Ecole d�Orsay, voir : L��cole juive de Paris. RevuePard�s, n�23. Editions In-Press, 1997 - Le CDJC (Centre de documentation juive contemporaine) fut fond� en avril 1943, dans la clandestinit�, � Grenoble, � l�initiative d�Isaac Schneersohn (Juif fran�ais d�origine russe) qui avait r�uni quarante personnes dans la pens�e de pr�server la m�moire. Ce qui arrivait alors aux Juifs �tait tellement terrible et invraisemblable que peut-�tre personne ne voudrait le croire par la suite. Ils d�cid�rent de trouver des documents, des preuves. I. Schneersohn et L�on Poliakov r�ussirent, dans des conditions inou�es, pendant la guerre m�me, � r�cup�rer des archives comme les archives du CGQJ, de l�Ambassade d�Allemagne et de l�Etat Major, de la d�l�gation g�n�rale du gouvernement de Vichy, du service anti-juif de la gestapo, etc. A la Lib�ration (beaucoup des membres fondateurs avaient �t� d�port�s), le CDJC fournit des pi�ces indispensables pour les Proc�s de Nuremberg. Aujourd�hui c�est un tr�s grand centre de recherche europ�en qu�abrite de M�morial de la Shoah.

7. Serge Klarsfeld, La Shoah en France. Editions Fayard, 2001

8. Vladimir Khazan, �Le monde par mon souffle vit� : Contribution � la biographie d�Ariane Skriabine, in Slavica occitania, n�10. Toulouse, 2000 H�l�ne Menegaldo, Ariane Scriabina (1906-1944), h�ro�ne de la R�istance fran�aise � Toulouse, in Slavica occitania, n�7. Toulouse, 1998

9. Val�rie Ermosilla, La R�sistance juive dans le Tarn, 1939-01944. R�alit�s et repr�sentations. M�moire de ma�trise sous la dir. de Pierre Laborie et Jean Est�be. Toulouse : Universit� de Toulouse-le-Mirail, 1987. - Jean Est�be, Les Juifs � Toulouse et en Midi toulousain au temps de Vichy. Editions des Presses Universitaires du Mirail, 1996 - Monique Lise Cohen, Jean Louis Dufour, dir. de publication, Les Juifs dans la R�sistance. Editions Tir�sias, 2001

10. Pierre L�outre, � Un groupe de r�sistants juifs dans la Bataillon Prosper du Gers : m�moires, t�moignages et archives �, in Bulletin de la Soci�t� Arch�ologique, Historique, Litt�raire et Scientifique du Gers, n�378, 4� trimestre 2005. Cette recherche a �t� faite � partir des Archives de l�Organisation juive de combat (collection Joseph-Georges Cohen) - A propos de la LICA : � Ligue internationale contre l�antis�mitisme �, fond�e en f�vrier 1928, devenue LICRA ( Ligue internationale contre le racisme et l�antis�mitisme ) lors de son 33�me congr�s national en 1979

11-12. Organisation juive de combat. R�sistance / sauvetage. France 1940-1945, sous la direction de Jean Brauman, Georges Loinger et Frida Wattenberg. Editions Autrement, 2002 - et � Registre-Matricule. Association des Anciens Combattants et R�sistants juifs de France. Amicale Toulouse. R�gion : Sud Ouest � Cahier n� 1, Cahier n�2 Ces cahiers manuscrits (incomplets) proviennent des Archives de l�Organisation juive de combat (collection Joseph-Georges Cohen) qui sont d�pos�es au Centre de documentation juive contemporaine (Paris, M�morial de la Shoah) et � la Biblioth�que municipale de Toulouse. Voir �galement le site internet : http://www.resistancejuive.org Beaucoup de noms de r�sistants sont encore inconnus, car l�histoire de la r�sistance juive n�a pas �t� encore enti�rement �crite. Par exemple les historiens disent qu�il y avait 800 maquisards dans le � Peloton isra�lite � du Corps franc de la Montagne Noire (CFMN), mais le livre sur l�OJC cite 560 noms pour l�ensemble des mouvements de r�sistance (OJC, EI, secours, etc.). Plusieurs raisons l�expliquent : lorsque les Juifs survivants ont d�couvert en 1945 l�horreur de l�extermination, beaucoup n�ont pas cherch� � faire attester leurs faits de r�sistance et certains ont quitt� l�Europe pour s�engager dans les combats pour la cr�ation de l�Etat d�Isra�l. De fa�on g�n�rale, dans l�historiographie de la guerre, les noms qui ont �t� recherch�s sont ceux des victimes parties dans les massacres et les fum�es des cr�matoires. Notre m�moire �tant leur s�pulture. L�histoire de la R�sistance juive est une histoire qui s��crit tardivement.

13. Ren�e Poznanski, Les Juifs en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Hachette, 1997

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